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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 02:18

 

J'ai commis un crime effroyable, je l'avoue. Mon forfait, ça va sans dire, est hautement plus impardonnable que les discours haineux d'enragés politiques qui se caricaturent et se contredisent en permanence, et il fait sans aucun doute qu'à côté les criminels tels que Guy Georges mériteraient la remise de peine. Le crime, j'y viens. Sur mon fil d'actualité Facebook est paru un article du monde relatant la double masectomie qu'une actrice de grand renom- talentueuse je ne dis pas le contraire- a dû subir pour échapper à un cancer. Excédé non pas par l'actrice qui- en tant que femme- voulait plus que certainement montrer le chemin à suivre pour toutes celles qui seraient encore indécises ou seraient encore dans le déni, mais par le pathos sensationnaliste qui est bel et bien l'oeuvre des mass merdias, j'ai simplement posé en guise de commentaires OSEF. Traduction littérale On S'En Fout. On S'En Fout parce que ras-le-bol de ces bals de faux-cul médiatiques. Peut-être ai-je réagi brutalement, stupidement, peut-être pas. Dans les commentaires qui ont suivi ma réponse j'ai eu droit soit à des éloges,  soit à des propos stupides de la part d'inconnus qui se sont sentis dans leurs bons droits de me tutoyer alors que nous n'avons pas élevé les cochons ensemble. En clair, selon certains et certaines, j'étais le mal incarné, le salaud, l'ordure, et quelques uns ont été jusqu'à se sentir obligés d'étaler leurs soucis de santé qui au préalable, selon les principes d'une morale désormais révoquée par l'ère numérique, devaient rester au stade intime. Dernier point: bizzarement je n'ai eu aucune réponse lorsque, au contraire, je m'en suis pris à une élue mange-bon-dieu qui a balancé un tweet à deux balles déplacé sur la démarche de l'actrice.

 

La souffrance existe. Elle n'est pas une partie de nous même qu'on pourrait résumer à un organe ou à une composante de notre ossature. Elle fait partie du ressenti et sait être dissonnante jusqu'à tenter de nous laisser emporter par un maëlstrom face auquel nos fondations intérieures finissent par céder. Elle a la capacité d'être le moteur de l'amour, de la haine, ou de la tristesse. C'est souvent pour le troisième cas qu'elle est connue. Mais si elle nous est propre, elle nous appartient, elle nous est personnelle, et ne saurait être le bien d'autrui.

 

L'idéologie du Pathos, pour être simple, consiste à mettre en vitrine des individus qui souffrent ou qui continuent de souffrir suite à des événements indépendants de leurs volontés, tout ça pour qu'on les prennent en pitié. Elle intervient en cette ère ultranormative- qui l'est tellement d'ailleurs que je mets quiconque au défi pour me définir ce que sont les normes- où vous devez être nec plus ultra, irréprochable, lisse comme un mouchoir de pôche, et tenir un vocabulaire en phase avec l'affadissement des langues planétaires. Elle est perverse aussi bien pour une personne rescapée d'un génocide que pour une autre présentant des troubles mentaux, ou pour d'autres qui peuvent être alcooliques, cancéreuses, SDF, toxicomanes, ou enfants myopathes comme c'est le cas avec le Téléthon accusé je cite de parasiter la générosité.

 

L'idéologie du pathos est perverse dans la mesure où au lieu de vraiment aider quelqu'un à remonter ses souffrances, elle va au contraire l'enfoncer d'avantage en lui collant une étiquette et dès lors ce n'est plus l'identité qui définira la personne auprès des autres mais la maladie, le trouble, le traumatisme, et les sequelles. Ou encore ses origines éthniques vues sous un angle définit. Peu importe les qualités de cette dite personne, peu importe ce qu'elle pense, ce dont elle sera capable, ou ce qui pourra vraiment déterminer sa vraie valeur. L'étiquette s'en chargera. En revanche les effets secondaires ne seront pas les mêmes. Si chez un survivant de massacre ou un réfugié politique les bras seront à coups surs ouverts par un réflexe protecteur, un autre mécanisme se méttra en place s'agissant des personnes ayant developpé des addictions ( alcools, jeux, stupéfiants) ou dont les comportements sont référencés DSM-IV puisque si officiellement on va les prendre en pitié, officieusement on va mettre en place des stratégies afin de la mettre de côté- Oh vous savez il/elle n'a pas toute sa tête- et ça ne pourra que génerer un sentiment de mise en quarantaine chez le ou la principal(e) concerné(e).

 

Les tenants de cette idéologie parasitent le bon sens. Ils font même une pierre deux coups. Vous devez avoir pitié de X parce qu'il est atteint d'une maladie incurable. Si vous ne ressentez pas cette pitié eh bien vous êtes un salaud, une ordure qui ne mérite pas de vivre. Car on ne peut pas dire que X ne souffre pas. X a sa vie bouleversée à tout jamais. X a besoin de vous, ne l'oubliez pas. Il faut une sacrée dose de naïveté pour croire que cet objectif de culpabilisation massif se base uniquement sur des convictions. Et puis est-ce que les fonds récoltés vont vraiment règler le problème de X, j'en suis pas sur au regard des nombreuses affaires de détournements de fonds. Car l'idéologie du pathos sert les intérêts d'une- voire de plusieurs- industries, et pour que les turbines puissent tourner il faut l'énergie nécéssaire. L'argent, c'est le nerf de la guerre. N'importe quelle entreprise a pour intérêt premier de faire fructifier son chiffre d'affaire.Exemple en Afrique du Sud avec l'affaire Pistorius où les studios d'une émission poubelle auquelle participait la défunte n'ont eu aucun remords à exploiter sa dernière apparition et à la transformer en adieux émouvants. Maxi pathos.

 

Plus haut était mentionné le cas des rescapés de génocide. Là aussi il y aurait des choses à dire. Loin s'en faut les négationnistes montrés du doigt donnent le bâton pour se faire battre ( certains voient en eux des Résistants au système??!!), mais ne donnent qu'au final des arguments à leurs adversaires les plus acharnés qui se prennent pour les Gardiens du Royaume. Pourtant, il existe une autre forme de négationnisme toute aussi dangereuse qui est celle dit de la Récupération. Car en récupérant les souffrances de X à des désseins idéologiques (qui servent parfois à justifier des exactions et à garder une main-mise sur une population donnée via une propagande réductrice), ou bien à des fins onéreuses ( ce qui est hélas le cas), je n'aide aucunement X, je le mets en vitrine comme le produit de supermarché qui va m'aider à remplir la caisse. Le souci est que X a souffert, il a vu un tiers de sa famille monter dans un train pour une destination grillagée quand l'autre a été convoyée sur un bateau avec boûtres et chaînes autour afin d'être revendue à moitié prix à un cotonnier peu scrupuleux. X veut faire partager sa souffrance pour ne pas que ça se reproduise, pour que d'autres personnes ayant connues les mêmes peines et humiliations fassent la même démarche. Mais X ne veut pas qu'on le relègue à ça. Sa démarche est un tremplin vers une reconnaissance qui lui perméttrait de retrouver la dignité. Sauf que la surmédiatisation peut amener la chose inverse, et qu'au final X va se retrouver prit dans dans la spirale.

 

Les personnes souffrantes de troubles mentaux auront, quant à elle, l'impératif de prendre des médicaments, étape nécéssaire pour espère la ré-intégration au sein d'une société d'individus parfaits qui n'ont de cesse de vouloir s'en protéfer. Cependant, il est attesté que les médicaments en psychiatrie provoquent des effets secondaires en plus d'entraîner des transformations corporelles importantes ( perte ou prise de poids notamment)...et qu'ils occasionnent des rechûtes chez les sujets consommateurs ( cela aboutit à une redéfinition du traitement). C'est que les malades mentaux sont des poules aux oeufs d'or aux yeux de l'industrie pharmaceutique.

 

Finalement, tout ça me donne envie d'être grivois. Drôle l'idéologie du pathos ne supporte pas la grivoiserie et accable quiconque s'adonne à cet exercice. J'ai suivi les principes d'Hara Kiri et j'ai repéré une "quenelle", le signe si cher à un comique dont j'aime certains sketchs sans pour autant le vouloir au pouvoir. Est-ce que pour autant cela voudrait-il dire que je me retrouve dans la ligne idéologique d'un de ses prôches qui adore se mettre en scène, ou de celle d'un autre voyant Satan de partout et auquel je conseillerais d'orienter ses recherches plutôt sur certains groupes de NSBM ( plutôt proches des natios-révolutionnaires, et de la Dissidence donc) que sur Lady Gaga et autres éphiphénomène de starlettes en culotte courtes? Un idéologue du pathos me dirait forcément oui, moi je réponds non. A chacun ses tares quoi.

 

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Published by polemika
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