Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:45

 

Encore une fois l'Histoire est bafouée par des oppositions de camps politiques! Encore une fois cela se fait aux détriments des victimes

 

 
 
CLEMENCE K., 24 ans, rescapée du génocide, Nyamata.

"Nous nous étions réfugiés à l'église. Les Interahamwe étaient autour de nous, mais ne nous adressaient pas la parole. Les militaires nous ont encerclés et nous ont dit qu'ils nous protégeaient. Nous étions très heureux. Mais le dimanche suivant, les militaires et les Interahamwe se sont mis ensemble pour nous assassiner.

Je me suis évanouie sous un coup de gourdin.

Le soir, je me suis réveillée parmi les cadavres des miens. Tout le monde était nu, comme moi. Je me suis cachée dans un champ de sorgho. J'avais froid. Au bout de trois jours, j'ai eu faim et je suis rentrée vers ma maison.

J'ai peut-être fait 4 kilomètres ainsi, toujours nue.

Lorsque je voyais des gens, je me cachais dans les fourrés.

Arrivée chez moi, j'ai constaté que la maison était détruite et j'ai demandé à manger à nos voisins hutu. Ils ont ri. Ils ont appelé les voisins, j'ai été encerclée et l'on m'a assise de force au sol. Les gens riaient et me demandaient ou étaient ma famille. Je ne répondais pas, je cachais ma poitrine avec mes bras. Finalement, l'un d'eux m'a emmenée et enfermée, toujours nue, dans une pièce sans fenêtre. Le jour il assassinait. Le soir, il me battait et me violait...

Lorsque je me suis retrouvée enceinte, j'ai d'abord eu honte. Mais aujourd'hui, je dois reconnaître que cet enfant est la seule richesse qui me reste. Je l'ai appelée Umumararungu, celle qui me sort de ma solitude.

 

http://www.aidh.org/rwand/10_temoign.htm

 

Teddy:

 

"Je m’appelle Teddy et j’ai 19 ans.  Notre famille vivait normalement avant le génocide. 

Peu après la mort du président,  des rumeurs disaient que l’on était en train de tuer des gens. Ce soir-là nous sommes restés à la maison. Mais le lendemain nous avons vu qu’on brûlait la maison d’un voisin et nous nous sommes enfuis dans la brousse pour nous cacher. Les assassins sont entrés dans notre maison, et, ne nous trouvant pas, ils ont volé tout ce qu’ils ont pu. Quand ils sont partis, nous sommes revenus, mais seulement pour ramasser ce qui restait et repartir ailleurs. Notre groupe se composait de maman, papa, mes frères et sœurs et quelques oncles et tantes avec leurs familles.

Les assassins nous ont retrouvés le lendemain et nous avons du fuir en courant une nouvelle fois, mais un de mes oncles était aveugle et n’a pas pu continuer à la même vitesse. Nous avions un voisin à qui mon père avait donné une vache. Il a dit à mon oncle qu’il pouvait se cacher chez lui, et qu’il le protègerait. Comme c’était un bon voisin, on ne le soupçonnait pas, alors mon oncle aveugle est resté. Nous avons appris par la suite que lorsque les assassins sont arrivés, le premier à attaquer mon oncle fut ce monsieur, et mon oncle est mort.

Au début, depuis l’endroit où nous étions, nous avons lancé des pierres aux assassins pour nous défendre et nous donner la possibilité de nous échapper. Pendant la journée nous courions et la nuit nous cherchions une maison pour nous cacher. Mais les assassins avaient des machettes et des revolvers. J’ai vu comment on tuait beaucoup de gens, ils leur coupaient le cou  ou alors ils les arrosaient de balles. Un parmi eux a été pendu dans l’école pour que les passants  le voient.

 Nous ne faisions que courir, nous battre, et nous cacher. Un des hommes qui était avec nous était un héros. Il allait vers l’avant pour se battre, et quand il voyait que l’on tuait des gens derrière, il retournait pour les aider. Après, ils ont envoyé d’autres interahamwe  au lieu où nous étions. Nous étions huit enfants quand ils sont arrivés. A la fin de la journée il n’en restait que trois. 

Un jour plus tard, les tueurs sont revenus. J’’ai dit à mon frère de se cacher dans le puits, mais il a pris une balle dans la mâchoire pendant qu’il remontait.

Nous nous sommes divisés en deux groupes et nous nous sommes enfuis pour sauver nos vies; les assassins nous tirant dessus pendant que nous nous dispersions. Les chemins étaient barrés et ils nous tiraient dessus quand nous essayions de passer, mais il fallait continuer parce qu’on avait les assassins sur nos talons. Certains sont morts, d’autres ont survécu. La nuit, nous entendions à la radio que l’armée patriotique du Rwanda était arrivée à un certain endroit. Ils demandaient aux tueurs par radio d’achever leur travail rapidement. Finalement, les soldats français sont arrivés, ils nous ont protégés et nous ont donné des habits et à manger.  

Quand les tueries se sont arrêtées, j’ai dit à mon frère que nous devions travailler dur, rester unis, et pardonner à ceux qui nous avaient fait du mal. Je suis retourné à l’école trois ans après le génocide. Mon frère et moi,  nous avons des problèmes de santé et j’éprouve de la difficulté à payer mes études et acheter le matériel scolaire. Maintenant, je veux terminer mes études pour pouvoir aider mon frère. Je veux travailler pour l’unité afin que tout ce qui est arrivé en 1994 ne se reproduise pas. Je veux être capable de construire ma propre maison sans avoir à demander la charité.

Les plus grands problèmes du Rwanda sont maintenant le SIDA et la pauvreté.  De plus, les assassins n’acceptent pas la responsabilité de ce qu’ils ont fait. Si les assassins demandent pardon et rendent ce qu’ils ont pris, je pourrai leur pardonner.

Je veux que le monde soit au courant de nos problèmes, se souvienne de ce qui est arrivé, et nous aide à atteindre une meilleure vie."

 

 

Sans oublier le témoignage de ce général onusien dont je n'ai plus le nom, qui, assistant de près au massacre, ne peut même plus supporter la vue d'un fruit découpé en deux parties.

 

 

Il y'a aussi le cas de cet homme marié à une Tutsi, en compagnie de laquelle il avait quatre enfants. Après délibérations d'un tribunal Hutu, les aînés furent reconnus comme Hutus. Tandis que les deux derniers, plus leur mère, furent étiquetés de Tutsis. Sur l'ordre du tribunal cet homme à liquidé sa femme et les deux enfants qualifiés d'impurs.
 
Bernard Lugan, historien controversé, donnant sa version des faits. Outre le fait qu'il soit un peu hermétique aux maths, il arrive néanmoins à nous faire poser une question: comment se fait-il qu'un attentat ayant entrainé la mort de deux chefs d'états n'ait pas plus suscité d'indignation que cela?  Comment réagirait-on si les présidents Américains et Israèliens venaient à disparaître au cours d'un attentat en plein vol d'Air Force One...on s'indignerait, ce qui serait assez normal, compte tenu que tuer un chef d'état- sauf si sa politique est nuisible- c'est atteindre la souverraineté du pays qu'il est sommé de gérer.
                                                                           
                                                                          
                                                                               Causes du génocide
L'inspiration de ce carnage serait une conséquence directe de la colonisation, avant laquelle les Tutsis avaient le pouvoir. C'est durant cette période délicate que les Hutus vont se voir appuyés par l'envahisseur du temps de mettre en place une administration coloniale. A l'instar de nombreux autres pays colonisés cette décision -censée fraterniser les tribus au-delà de leurs clivages- va au contraire alimenter les tensions au point de leur donner une dimension raciale.
Certains membres de la monarchie Tutsie- plus des milliers de partisans- prendront le chemin des pays voisins, ne supportant pas de voir leurs pays tombé aux mains d'un envahisseur. A partir de là il y'a une diaspora Tutsie qui s'étend dans les pays frontaliers: Ouganda, Congo, Tanzanie, Burundi. A savoir aussi que des minorités Hutus résident dans ces contrées en question.
Lorsque le Rwanda accédera à son indépendance, il aura pour président Grégoire Kayibanda, le premier chef d'état Hutu qui aura dès lors à en démordre avec des exilés Tutsi, qui serviront de justificatif à des premiers massacres. Kayibanda utilisera cette haine fratricide pour garder main mise sur le pouvoir, jusque là rien de nouveau car d'autres pays vont connaître des affrontements de ce type ( notamment le Cameroun avec les Bamileke, dont quelques uns- Ruben Um Nyobe par exemple- auront été les fondateurs de l'UPC). 
 
 Jusqu'à ce que Juvénal Habyarimana renverse le dictateur précédent et instaure une nouvelle dictature qui suivra une ligne plus ou moins éthniciste pour contrer l'influence Tutsie ( qualifiée par certains d'ailleurs de Nazie). D'autres historiens, tels que le très contesté Bernard Lugan, vont jusqu'à dire que le coup d'état d'Habyarimana était nécéssaire dans la mesure où il aurait empêché une guerre interhutu ( cause à des rivalités ancestrales). Hors, jusqu'aux années 90 si les Tutsis subissent des discriminations institutionnelles, leur quotidien était largement plus supportable que durant l'ère précédente...Du moment qu'ils ne se mêlaient pas de politique.
Au tout début des années 90 est né le Front Patriotique Rwandais, crée par des exilés Tutsis en Ouganda. Sous la bénediction de Yoweri Museveni alors chef d'état Ougandais, principal opposant à Idi Amin Dada, et lui-même...issu d'une famille Tutsie. Dans le FPR on compte également des Hutus, mais les principaux chef sont Tutsis et colportent un nationalisme revanchard les amenant à commettre des exactions: meutres, pillages.
Mais le vrai élément déclencheur sera bien l'attentat du 6 Avril 1994. Un missile sol-air touchera l'avion à bord duquel se trouvaient Juvénal Habyarimana et son homologue Burundais- également Hutu- Cyprien Ntaryamira qui succédait à Melchior Ndadaye ( Hutu, assassiné deux mois plus tôt).
Mesures de Paul Kagamé:
- Suppression de la langue Française au profit de l'Anglais
- Lutte contre l'éthnisme
- Enfermement, puis grace, de Pasteur Bizimungu ancien président
- Soutien officieux de la milice tutsie de Laurent Nkunda en République Démocratique du Congo
Selon ses détracteurs:
- Kagame et ses proches seraient impliqués dans une série d'assassinats visant des opposants au régime.
- Certaines consciences l'accusent d'instrumentaliser le génocide pour asseoir son pouvoir.

Partager cet article

Repost 0
Published by polemika
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Polemika
  • Polemika
  • : Fourre-tout
  • Contact

Recherche

Liens