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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 00:56

Prison

 

La privation de liberté, jadis, n'entrainait pas forcément une détention de longue durée. En droit romain la détention n'intervenait qu'à titre préventif, ou bien quelques jours avant le jugement- qui pouvait aboutir sur une peine capitale ou sur la condamnation aux galères.  Les sources historiques différent quant à l'apparition des premières prisons.

 

Les plus anciennes prisons remonteraient à Sumer et auraient servies de lieux transitoires pour les enfermés, qui devaient subir les châtiments de leurs propres victimes en guise de compensations des dommages subis ( Code Hammourabi, source de la Loi du Talion?) . En fait, elles sont nées à partir du moment où les Hommes commençaient à s'organiser en société. Cependant, jusqu'à très récemment, les peines étaient relativement peu longues et se concluaient par un châtiment qui se devaient d'être exemplaire: galère, condamnation à l'exil, assignation à résidence surveillée, ou bien peine de mort sur place publique.

 

Surveiller et punir.

 

Dans un pays comme la France les questions d'enfermement à longues durées se sont présentées ainsi: lors des premières épidémies de Lèpre des superstitions tendaient à faire croire qu'on pouvait attraper cette maladie rien qu'à la vue, si bien qu'on enfermât de pauvres malheureux dans des soutterains jusqu'à leurs trépas. Les témoignages de l'époque émettent des doutes quant au fait qu'on leur ait donné de quoi se rationner. Contrairement aux ghettos où on enclave des populations, avec un objectif séparatiste qui aujourd'hui paraitrait immonde ( quoique aux yeux de certains sait-on jamais), nous voyons bien que les établissements pénitentiaires ne doivent pas leur existence à des actes individuels, mais bien par-rapport à des "phénomène contagieux" pour lesquels " plus rien n'est possible" et qu'il faut absolument isoler du reste de la population. Il y a une notion d'isolement total, ce qui est différent du ghetto dans le principe où les ghettoïsés sont quant même autorisés à mener une vie, à s'organiser intérieurement du moment qu'ils respectent les règles. Plus tard cette technique d'isolement sera reprise pour ceux qui avaient perdu la raison, les fous ( les possédés) vis-à-vis desquels d'ailleurs les raisonnements n'ont pas vraiment vraiment évolué, mais aussi pour les citoyens américains d'origine japonaise lors de la seconde guerre mondiale.

 

 

En 1656, sous Louis XIV, sera crée l'Hôpital Général de Paris qui aura pour mission de contenir ceux qu'on désignaient comme déviants ( mendiants, femmes criminelles, condamnés âgés, et vagabonds) au sein de quartier de force. Les prisons avaient aussi des missions sociales. Avec nos yeux de maintenant, évidemment, les méthodes employés pour ces "missions sociales" nous paraîtraient rudes, notamment les châtiments corporels et autres travaux d'intérêts généraux infligeant la souffrance physique afin d'insérer le sentiment de souffrance devant Dieu, Dieu seul pouvant absoudre l'humain de ses pêchés et l'idée reçue étant que la souffrance physique génère forcément la souffrance morale puis le regrêt, le repentir. L'Inquisition Espagnole est sans conteste celle qui aura été la plus tordue dans cette logique, et elle a probablement inspiré les différents régimes communistes qui forçaient ses " déviants" ( contestataires ou pas) à reconnaître leur erreur devant des tribunaux où ils étaient à coups sûr accablés de reproches avant de et leurs positions sociales, et leurs familles, et leurs citoyennetés. J'ajoute qu'hormis en Corée du Nord ce mode-là est très en vogue dans les institutions sociales et médico-sociales où les équipes sont parfois encore plus aliénantes que les publics pris en charge.

 

Tout comme la guillotine représentait à l'époque un progrès comparé à l'écartélement ( régicide de Ravaillac), à la hache du bourreau, ou aux fameux Hanged, Drawned, and Quartered (pendu, traîné avec une claie, et mis en quart) dont les Anglais furent friands jusqu'au débût du dix-neuvième siècle.

 

panoptique.jpg

 

Panoptique, le célèbre concept pensé par Jeremy Bentham

 

Probablement qu'en France la dégradation des prisons est venue suite à la Guerre d'Algérie, en ajoutant par-dessus la période de décolonisation qui a amorcé la chûte d'un empire colonial. Des vétérans, ainsi que des éléments pieds-noirs, ont intégré les rangs de l'administration pénitentiaire, tandis que la population carcérale se modifiait avec des de plus en plus de détenus issues des anciennes colonies, dont celles du Maghreb. Entre un soldat dépêché dans un térritoire inconnu et un maquisard qui va défendre son pays nous savons que les différences sont minces en fin de compte, ce sont les intérêts de leurs hiérarchies qui divergent et il n'y a perspective de paix que si il n'y a convergence d'intérêts, sinon les individus dépêchés sur le terrain ne sont que de la chair à canon tout juste bonne à être recensée sur des statistiques qui vont les classer en unités: tuées au cours des combats, bléssées griévement, survivantes, portées disparues, ou déserteuses. Mais le soldat, comme le rebelle, comme le ressortissant issu d'une colonie qui doit prouver qu'il appartient bel et bien à la contrée de ses ancêtres ( et non à la colonie dont il a dû partir, ce sont des hommes. Une guerre ça fait trace:peines, douleurs, frustrations, humiliations. Reste de propagande. Nous savons aussi que les idéologies politiques peuvent fausser les jugements et altèrent l'éthique professionnelle ( qu'elle soit de droite et de gauche). Si un enseignant se met à traiter différemment- à déconsidérer- un groupe d'élèves, il y a de fortes chances que ça finisse par créer un clivage entre leurs camarades et eux. Les théories racialistes, encore une fois, sont absurdes car on retrouvait auparavant quelques détenus d'origine extra-européennes au sein des prisons hexagônales, et leurs explications des phénomènes de criminalité dû au multiculturalisme tombent à l'eau puisque si il est vrai que chaque peuple a ses coutûmes, ses codes, c'est le conditionnement des individus qui prime. Tout est une question de conditionnement. Les détenus d'origine maghrébine étaient conditionnés par le double rejet: rejet colonial qui les assimilait à de mauvais produit, et rejet  de leurs pairs qui les déconsidéraient en raison de leurs activités déshonorantes. Autres facteurs, et pas des moindres: le carrièrisme de certains fonctionnaires, les forces syndicales, les réformes n'ayant ni queue ni tête, les normes non tenues.

 

Aujourd'hui, la configuration a changée puisque le néo-libéralisme est le facteur important...et que la morale n'y est plus . Blancs, Noirs, Maghrébins, ou asiatiques, les criminels sont avant-tout conditionnés par une concurrence impitoyable et dans cette logique un centime vaut une trainée de sang.

 

Constat: la prison ne surveille plus, elle ne punit plus. Elle sert de plâteforme de stockage. Elle n'inspire plus la peur, au contraire de soldat on passe à sergent-chef. Le personnel comme les pensionnaires se plaignent des mauvaises conditions, et nos élus semblent dépassés. Sans compter ces raisonnements moyenâgeux qui vous font confondre les détenus avec du bétail ( si tant est qu'on traite le bétail de cette manière), le tout en hurlant Il/elle l'a mérité , pour finalement feindre la surprise dès lecture de faits effroyables.

 

Proposition:

 

- Construire d'avantage de centres pénitentiaires mi-public mi-privés qui auront pour tâches de contenir, mais aussi de retransformer ( car le but est que la personne incarcérée en tire une leçon personnelle, du moins pour les personnes " récupérables"), le tout en s'assurant d'un certain tri qui du coup ferait varier les niveaux de sécurité.

- Mettre en vigueur les travaux d'intérêts généraux.

- Introduire des remises à niveaux scolaires, plus des formations, et développer des partenariats avec des entreprises.

- Faire d'avantage de prévention auprès de publics différents ( quitte à faire comme aux US où on organise des simulations pour faire découvrir l'univers carcéral.

- Revoir le système des cellules: soit faire en sorte que chaque détenu dispose d'une cellule personnelle comprenant des sanitaires ( là on résoudrait le problème des viols collectifs), avec obligation de la tenir au propre.

- Recourir aux services de péripathéticien(ne)s ou mettre pour les détenus et leurs conjoint(e)s des lieux à disposition si aucun danger à l'horizon ( violeurs, pervers, et meurtiers exclus). Qu'on arrête l'hypocrisie.

- Travail avec les familles.

 

 

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